La zone de lagunage : poumon de la piscine biologique

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Une fois votre eau débarrassée des grosses impuretés par un système de filtration mécanique, la partie classique indispensable pour éviter le colmatage du système, la partie importante de la filtration dans une piscine biologique, va se jouer dans le lagunage. Une filtration naturelle va se mettre en place grâce aux racines des plantes, créant ainsi un support bactérien idéal pour l’écologie.

A l’origine du lagunage

Ce procédé de filtration largement utilisé dans les piscines biologiques, provient en fait des systèmes de filtration des stations d’épuration.
Dans ces stations, l’eau qui arrive est traitée en plusieurs phases :

  • Le dégrillage qui permet d’éliminer les plus gros déchets.
  • Le tamisage qui permet d’éliminer les plus petits déchets.
  • Le dessablage qui élimine le sable et la terre.
  • Le déshuilage qui enlève les matières grasses de l’eau.

Ensuite, l’eau subit un traitement biologique, les matières organiques polluantes encore en suspension sont transformées en matières minérales stables en même temps qu’un traitement physico-chimique (floculation, centrifugation, filtration, oxydation). L’eau est ainsi épurée à hauteur de 90%.

Pour s’occuper des 10% de pollution restante, on fait passer l’eau assez longtemps dans des bassins occupés par des plantes aquatiques aux fortes propriétés épuratoires, des algues microscopiques et du zooplancton. C’est la technique de lagunage.

Le lagunage est une alternative utilisée depuis longtemps dans les stations d’épuration

Le lagunage est une alternative utilisée depuis longtemps dans les stations d’épuration

Comment s’opère le lagunage pour une piscine naturelle ?

C’est donc cette technique de lagunage largement utilisée dans les stations d’épuration, qu’on a mis au goût du jour pour les piscines naturelles.
Pour réaliser une épuration efficace, le lagunage d’une piscine écologique consiste à créer un équilibre biologique du bassin. Cet équilibre s’obtient par la présence dans l’eau de bactéries, de zooplanctons et d’algues parmi les racines des plantes aquatiques. Chacun de ces éléments joue son rôle dans l’épuration.

  • Les algues, plantes microscopiques permettent la photosynthèse jusqu’à une profondeur de 50 centimètres.
  • Les bactéries, micro-organismes unicellulaires assimilent la matière organique dans le fond du bassin et rejettent du CO2.
  • Le zooplancton, ensemble d’animaux microscopiques qui se nourrit en filtrant l’eau.
  • Les plantes aquatiques, par leurs racines, elles contribuent à absorber les formes minérales d’azote, de nitrate et de phosphore, mais aussi à absorber par leurs feuilles, le CO2 relâché par les bactéries.

C’est l’équilibre entre tous ces micro-organismes, ces algues et ces plantes aquatiques, qui va créer un écosystème autonome et permettre à l’eau de rester claire et « baignable ».
En général, à la sortie du filtre mécanique, 90% de l’eau pompée part vers une chute d’oxygénation qui alimente le bassin de baignade et la lagune de régénération, tandis que 10% de l’eau restante est dirigée vers la lagune d’épuration, légèrement plus haute que la lagune de régénération.

L’objectif à atteindre pour obtenir une filtration optimale par les plantes aquatiques spécifiques, c’est un débit contrôlé, suffisamment faible pour permettre à l’ensemble de l’eau du bassin de baignade de passer au moins deux fois par jour par la lagune.

Quand la piscine naturelle est optimisée, l’ensemble des deux lagunes fonctionnent en toute autonomie créant un écosystème naturel. Le seul entretien, sera alors pour le jardinier qui devra veiller au bon développement des plantes, mais pas trop, pour ne pas encombrer le bassin et colmater la circulation de l’eau.

En fait, le système n’a de biologique, que la reproduction en miniature d’un écosystème naturel, tel un étang ou les berges d’un lac. L’essentiel de la réussite d’une piscine biologique résulte dans la manière dont est équilibrée la surface des lagunes et le volume de l’eau à traiter, ainsi que dans la manière est géré le bassin. Trop d’intervention peut tuer l’équilibre fragile.

En conclusion

D’une technique d’épuration des eaux de ville, on a fait une nouvelle conception de la piscine. L’une comme l’autre n’ont à la base que l’observation du fonctionnement de la nature qui nous apprend tout.

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